Donald Trump, les Etats-Unis et l’Accord de Paris : Conséquences et opportunités

Le 1er juin dernier, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, le Président Donald Trump, annonçait sa décision de quitter l’Accord de Paris signé par son prédécesseur, isolant ainsi un peu plus les Etats-Unis sur la scène internationale. Alors qu’ont émergé, depuis sa récente visite en France, des signes d’un possible retour en arrière, il est important de comprendre quels sont les véritables enjeux, pour la France et l’Union Européenne, d’une décision qui a engendré de nombreuses réactions aux niveaux domestique et international, et qui recouvre des problématiques complexes, tant sur les plans économique que diplomatique.

L’isolement diplomatique d’un poids lourd climatique

Sur les 197 Etats reconnus par l’ONU, 195 ont signé l’Accord de Paris à l’issue de la COP 21. Cet accord, qui reconnait la réalité du changement climatique et la nécessité de l’enrayer, engage ses signataires à prendre des mesures de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) pour limiter l’élévation des températures à 1,5°C . Les seuls absents de cet accord sont la Syrie et le Nicaragua, auxquels se joindront donc les Etats-Unis.
Sur le plan pratique, les Etats-Unis doivent utiliser l’un des deux processus de retrait prévu dans l’Accord :
• Soit ils dénoncent l’Accord lui-même, ce qui implique de respecter une procédure longue et complexe qui ne pourrait aboutir qu’à la fin de 2021 ;
• Soit ils choisissent de dénoncer la Convention-Cadre de l’ONU, dans laquelle s’inscrit l’Accord de Paris, ce qui ne nécessite qu’un préavis d’un an, mais exige une validation par le Congrès américain. Ceci pourrait constituer un choix à risque pour le Président Trump.
Sur le fond, rappelons que les Etats-Unis sont le deuxième émetteur mondial de GES avec 17 % du total, derrière la Chine (27%) mais loin devant l’Union Européenne (12%), l’Inde (5%) et la Russie (5%).

Les Etats-Unis s’étaient engagés à réduire leurs émissions de 26 à 28 % d’ici 2025 par rapport au niveau enregistré en 2005. Le non-respect complet de cet engagement pourrait représenter un supplément d’émissions de l’ordre de 3 MdtCO2eq d’ici à 2030.
Enfin un risque de contagion existe, puisque le président turc a déjà menacé de ne pas ratifier l’accord s’il n’obtenait pas des conditions plus favorables. A sa suite, d’autres pourraient être tentés d’appliquer la stratégie du « passager clandestin » de l’accord, comme la Russie, l’Arabie Saoudite ou l’Iran.

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