Transition énergétique : quelles conséquences sur les prix de l’énergie pour les ménages ?

A travers la réduction des consommations d’énergie et la substitution des énergies fossiles par des énergies peu ou pas carbonées, la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) va entraîner une modification de la structure du mix énergétique français. Ces transformations impliquent des coûts de production, de réseaux, et peuvent nécessiter des évolutions fiscales. L’OIE revient dans cette note sur la décomposition actuelle des prix de l’énergie, et l’évolution que ces prix pourraient connaître au travers de la mise en œuvre de la stratégie énergétique nationale.

Introduction

En 2008, à travers l’adoption du paquet législatif énergie-climat, l’Union Européenne s’est engagée à atteindre l’objectif dit des « 3x20 » d’ici à 2020. Cette politique, qui vise à lutter contre le réchauffement climatique en menant une politique énergétique durable, s’appuie sur trois grands piliers :

  • La réduction des émissions de gaz à effet de serre,
  • La réduction des consommations d’énergie,
  • L’augmentation des énergies renouvelables dans le mix énergétique.
    Conformément aux traités européens, cette stratégie a été transposée dans la législation française, avec notamment la loi Grenelle II en 2010. La LTECV, en 2015, a fixé les objectifs nationaux pour 2030 :
  • Réduire les émissions de CO2 (- 40 % par rapport à 1990),
  • Réduire la consommation d’énergie (- 20 % par rapport à 2012),
  • Modifier la structure du mix énergétique français, avec davantage d’énergies renouvelables et moins d’énergies fossiles (32 % d’énergies renouvelables et réduction de 30 % des consommations d’énergies fossiles).

Ces objectifs impliquent l’adaptation du système national énergétique et la transformation de certains modes de consommation (autoconsommation, mobilité électrique…). Les mutations engagées par la transition énergétique représentent un coût pour la collectivité, qui sera répercuté in fine dans les prix des énergies aux consommateurs.

De plus, la création d’incitations économiques à réaliser ces transformations (efficacité énergétique et substitutions entre énergies) implique la mise en place d’une fiscalité adaptée, à la fois pour soutenir l’efficacité énergétique et taxer les consommations d’énergies, en particulier fossiles.

Toutefois, dans un contexte économique contraint, la question de l’acceptabilité de la transition énergétique est centrale : l’adhésion des consommateurs sera un enjeu-clé du succès de la transformation que connaît le secteur énergétique. L’exemple de 2012 suffit à illustrer l’importance de cet enjeu : alors que les cours internationaux du pétrole se situaient à des niveaux records, le gouvernement a dû réduire provisoirement le niveau de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques. L’impact de cette mesure, qui a perduré trois mois, a été de l’ordre de 3 ct€/L sur le prix de l’essence. Or, la trajectoire de la contribution climat énergie établie par la LTECV représente une hausse de 23 ct€/L du prix de l’essence d’ici à 2030. La fiscalité énergétique devra donc s’accompagner de réduction d’autres taxes, sur le travail par exemple, ou d’aides à la réduction des consommations d’énergie, en particulier pour les ménages en situation de précarité énergétique.

Les prix des énergies vont donc nécessairement évoluer avec la transition énergétique. Il est essentiel de s’y préparer pour en maîtriser l’impact sur la facture des ménages. Cela passe en premier lieu par l’analyse détaillée de chacun des postes de coûts des prix des énergies, ainsi que de leur évolution.

Les prix de l’énergie au défi de la transition énergétique

Facture énergétique des ménages : des dépenses liées au logement et au transport

Les prix de l’énergie en 2017

Les enjeux de la maîtrise des coûts de la fourniture d’énergie

L’évolution des cours internationaux des énergies fossiles à la hausse

Des coûts de production nationale à maîtriser

Transport et distribution, à quoi s’attendre ?

Des réseaux qui vont s’adapter aux nouvelles formes de production

Des infrastructures plus denses face aux nouveaux usages … pour de moins en moins d’énergie transportée

Fiscalité, où va-t-on ?

Conclusion